© Marie Rouge
Avec l’inoubliable trio Les Inconnus, mais aussi et surtout avec Les Trois Frères, Le Pari, Les Rois mages ou encore Le Cœur des hommes, Bernard Campan a fait pleurer (de rire) les amoureux de comédie. Capable aussi de toucher le public au cœur, voire de le bouleverser, dans des drames tels que Se souvenir des belles choses et Presque, cet homme de cinéma, de théâtre et de télévision est un acteur complet, doublé d’un scénariste et réalisateur passionné et passionnant, qui fait vibrer toutes les générations.
C’est une grande joie pour le festival de lui remettre, lors de la cérémonie de clôture, un Taureau d’or pour célébrer l’ensemble de sa carrière. Cette remise de prix sera suivie d’une rencontre avec le public animée par Cathy Immelen dans la grande Salle de l’Europe du Palais des Congrès de Liège, le samedi 14 novembre à 20h.
Diriez-vous qu’il est plus facile de faire rire une salle entière, ou de la faire pleurer ?
Le plus difficile, c’est assurément de faire rire ou pleurer une salle vide.
Plus sérieusement, le rire est une chose très difficile, mais c’est la qualité du rire ou de l’émotion, qui me semble la plus importante. On peut rire par réflexe, et de ce rire-là, il ne restera pas grand chose. On peut rire pour des raisons plus profondes, et celui-là laissera des traces.
Des Trois Frères au Coeur des hommes, votre carrière est profondément marquée par des histoires de bandes et d’amitié. Qu’est-ce qui vous stimule tant dans le jeu collectif ?
Le métier de comédien vous pousse à être égocentrique, centré sur vous-même. Le collectif permet de s’échapper de ce biais, de ce défaut. Et puis j’ai toujours aimé travailler en groupe, le collectif me fascine depuis le groupe de rock avec les copains d’enfance, les Inconnus évidemment, et même avant, au Cours Simon. Aujourd’hui, j’aime quand un film est porté par toute une équipe, j’aime la porosité entre les fonctions, le fait que tout le monde soit amené à construire un projet.
Vous passez avec une grande fluidité des plateaux de cinéma aux planches des théâtres. Où vous sentez-vous le plus libre aujourd’hui ?
Je ne me sens pas plus libre d’un côté ou de l’autre : la vraie liberté, que je cherche et que je trouve de plus en plus souvent avec l’âge, c’est justement de pouvoir passer de l’un à l’autre.
